Les propositions de l’Alliance France Tourisme pour l’élection présidentielle

Les propositions de l’Alliance France Tourisme pour l’élection présidentielle
© AFT

L’Alliance France Tourisme (AFT) veut mettre le tourisme à l’agenda de la prochaine élection présidentielle. L’Alliance assure que le tourisme est l’une des rares industries excédentaires en France, ce qui la pousse à appeler les candidats à s’emparer du sujet. Le 28 septembre, l’AFT a convié une conférence de presse au Stade de France pour présenter ses principales propositions. « Notre rôle est de montrer toute l’importance de ce secteur pour l’économie et pour le développement des territoires », a déclaré Dominique Marcel, président de l’AFT. Le président de Belambra Clubs Alexis Gardy a illustré le poids économique du tourisme en France. Le secteur emploie directement ou indirectement deux millions de personnes. En 2024-2025, le tourisme a engendré 222 milliards d’euros de dépenses touristiques dans le pays, soit 7,4 % du PIB en 2025. Autant de données censées attirer l’intérêt des prétendants à l’Élysée, qui recevront un dossier au cours du mois d'octobre.


Par ailleurs, un tiers des dépenses (77,5 Mds€) sont réalisées par les touristes étrangers. L’AFT souhaite profiter de l’attractivité de la France pour faire grimper ce montant à 100 milliards d’ici 2030. « Pendant longtemps, l’objectif a été 100 millions [de visiteurs internationaux] », rembobine Alexis Gardy. Dominique Marcel souligne donc « l’importance de passer d’objectifs de volumes à des objectifs de valeur ». « L’objectif pour nous est que ces visiteurs internationaux dépensent plus », a prolongé Alexandre Liot, DG adjoint des opérations des Galeries Lafayette, qui a évoqué « trois leviers » : augmenter la durée de séjour, améliorer la perception de la valeur et diversifier les usages des territoires. Céline Vercollier, PDG du groupe B&B Hotels, a présenté « cinq priorités » pour atteindre ces objectifs : « définir une stratégie nationale à long terme, sur 20 ans » avec des indicateurs de performances et une gouvernance, élever les standards d’accueil (sur le modèle des Jeux de Paris 2024), investir (à l’aide d’une simplification administrative et d’un cadre fiscal stable), former des talents (avec un soutien à l’apprentissage et un acte II de la loi Avenir professionnel), et « créer des filières d’excellence autour de la gastronomie, du patrimoine et de l’agritourisme ». La création de valeur autour des grands événements (sportifs, musicaux…) apparaît comme une piste intéressante aux yeux de l’Alliance, qui était donc réunie au Stade de France, et qui souhaite unir les filières du tourisme (transport, hébergement, activités…) dans ce but. « Les chiffres de cette année ont montré l’effet d’entraînement que joue l’événementiel dans le tourisme », a mis en évidence Dominique Marcel.


Ces idées s’appliquent au tourisme domestique, qui représente deux-tiers des dépenses touristiques. Face aux fortes chaleurs en été et aux réservations de dernière minute, Alexis Gardy cite la désaisonnalisation comme une opportunité. La création de valeur doit bénéficier également aux Français, en prenant garde à proposer une offre accessible pour ne pas perdre cette large clientèle. Au total, « nous sommes une industrie qui doit faire 5 à 6 % de croissance par an », a chiffré Franck Gervais, DG de Pierre & Vacances Center Parcs. Pour mieux connaître la clientèle, ce dernier a enfin annoncé que l’AFT allait développer un « jumeau numérique du touriste » pour suivre son parcours et l’anticiper, à l’aide de l’intelligence artificielle.


T.L.B.

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