L’été 2026 confirme l’évolution des habitudes de voyage dans un contexte marqué par les incertitudes climatiques, économiques et sociales. L’analyse de plus de 14 000 réservations enregistrées en juillet et août sur GreenGo, plateforme française du voyage local, fait apparaître une saison plus resserrée, davantage marquée par les réservations de dernière minute et les séjours courts. En août, 48 % des séjours ont ainsi été réservés pendant l’été, soit 6 points de plus qu’en 2025. Les épisodes de canicule ont notamment incité les voyageurs à attendre avant de fixer leurs dates de départ. La très haute saison s’est concentrée entre le 10 juillet et le 22 août, avec deux pics durant les semaines du 1er et du 8 août. La durée moyenne des séjours s’établit à 2,8 jours (-3 %), tandis que le prix moyen par nuit atteint 112 € (+2 %). Le panier moyen par séjour s’élève à 358 € (-1 %). Les gîtes affichent un panier moyen de 602 €, contre 265 € pour les logements insolites, 200 € pour les hôtels et 220 € pour les chambres d’hôtes.
Des destinations proches et une empreinte carbone en baisse
Les destinations littorales et de nature continuent de séduire. Trois départements bretons figurent dans le top 5 des réservations : le Morbihan, le Finistère et les Côtes-d’Armor. La Dordogne arrive en sixième position, tandis que l’Ardèche, la Drôme, le Gard et le Puy-de-Dôme figurent également dans le top 8. La voiture reste largement majoritaire, avec 86 % des trajets, contre 9 % pour le train. Pour encourager des mobilités plus sobres, la fonctionnalité Explore de GreenGo, utilisée pour 20 % des réservations estivales, permet de rechercher une destination en fonction du lieu de départ, du mode de transport et d’un temps de trajet maximal, sans proposer l’avion. La distance moyenne parcourue par réservation s’est par ailleurs réduite de 7 %, à 505 km aller-retour. Les émissions moyennes liées aux trajets passent ainsi de 70 à 65 kg de CO₂ par séjour.
Des hébergeurs qui adaptent l’expérience
Face aux conditions météorologiques plus variables, les hébergeurs ont également fait évoluer leurs pratiques : équipements pour préserver la fraîcheur, conseils en cas de fortes chaleurs, espaces ombragés, mise à disposition d’eau ou adaptation des activités aux heures les moins chaudes. Le risque d’incendie est cité dans 7,8 % des témoignages recueillis. Cette adaptation s’accompagne d’une réflexion sur l’équilibre entre confort, consommation d’eau et d’énergie et impact environnemental. Les hôtes soulignent également l’importance d’un accueil humain, de conseils personnalisés et de petites attentions pour maintenir la qualité de l’expérience malgré l’évolution des conditions de séjour. Pour Guillaume Jouffre, CEO et cofondateur de GreenGo, « le changement climatique est malheureusement déjà là » et concerne désormais directement les forêts, les villes, les maisons et les lieux de vacances. L’enjeu pour le tourisme est donc, selon lui, de poursuivre à la fois l’adaptation des pratiques et les efforts en faveur d’un tourisme plus durable.
L.J
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