L’hôtellerie française confirme sa résilience

L’hôtellerie française confirme sa résilience
Stéphane Botz, associé chez Rydge Conseil, lors de la présentation de l'étude "L'Industrie hôtelière française 2026" / © N. Foulon

L’hôtellerie française confirme sa solidité, portée par la fréquentation internationale, l’intérêt des investisseurs et la transformation des usages, en dépit d’un contexte incertain. C’est ce qui ressort de la 49e édition de l’étude annuelle « L’Industrie Hôtelière Française 2026 », de Rydge Conseil, dévoilée le 29 septembre dernier (réalisée à partir des données de plus de 3 100 hôtels représentant plus de 251 500 chambres, soit près de 42 % du parc hôtelier homologué français).


Après une année 2025 record, le tourisme français maintient ainsi une dynamique positive en 2026 malgré un environnement économique et géopolitique instable. La France a accueilli 102 millions de visiteurs internationaux en 2025 et a enregistré 77,5 milliards d’euros de recettes touristiques internationales, en hausse de 9 % par rapport à 2024.


La tendance se poursuit en 2026, avec plus de 80 milliards d’euros de recettes attendues et près de 126 millions de nuitées hôtelières enregistrées à fin juillet, soit une progression de 2 % sur un an, soutenue notamment par la clientèle française et internationale, notamment américaine, allemande et asiatique.


Parmi les autres constats de l’étude, des performances contrastées selon les catégories d’établissements et les territoires en 2025. Les taux d’occupation ont évolué de -0,6 à +2,3 points selon les catégories, tandis que les hôtels cinq étoiles profitent davantage de la clientèle internationale. Les prix moyens progressent notamment de 3 % pour les cinq étoiles Standard et jusqu’à 13,7 % pour les cinq étoiles Supérieur.


Des résultats contrastés selon les territoires


Concernant la saison estivale 2026, la fréquentation progresse dans plusieurs territoires notamment sur les littoraux bretons et de la Manche, sur la Côte d’Azur ainsi qu’à Paris, Marseille et Toulouse. A l’inverse, elle recule en Gironde, dans les Pays de la Loire, à Lyon et à Bordeaux. « La destination France confirme son attractivité, portée par la diversité de son offre, la montagne, le balnéaire, le tourisme urbain… en plus de tout ce qui est culturel. À fin juillet, les tendances observées restent globalement positives, témoignant de l’intérêt soutenu des visiteurs pour l’ensemble des territoires français, a souligné Stéphane Botz, associé chez Rydge Conseil et cofondateur du cabinet. Les incendies en Gironde ont entraîné des annulations assez fortes en juillet et août 2026, redistribuant les flux touristiques vers d’autres régions. La Bretagne en a notamment bénéficié, avec une activité en hausse de 1,6 point à fin août, illustrant un déplacement des clientèles plutôt qu’un recul global ». Le RevPAR des hôtels parisiens progresse de 10 % à fin juillet. Après un effet limité des Jeux olympiques l’an dernier, l’événement semble avoir renforcé l’attractivité de Paris à plus long terme, avec des retombées désormais visibles sur l’activité hôtelière.


À fin juillet 2026, le taux d’occupation national gagne 0,9 point et le RevPAR progresse de 3,3 %, avec là encore des différences géographiques marquées dans un contexte d’arbitrages budgétaires et d’épisodes de fortes chaleurs. « On constate malgré tout qu’en matière de prix moyen, les niveaux de performance se maintiennent aujourd’hui, voire progressent légèrement. Cela témoigne véritablement de la résilience de l’industrie hôtelière », a ajouté Stéphane Botz.


Une dynamique qui se retrouve dans les projets hôteliers. « À l’horizon 2030, 14 500 chambres sont actuellement en projet. Le Grand Paris concentre près de 25 % de cette nouvelle offre, notamment autour de pôles majeurs comme Disneyland Paris, le Parc Astérix, Versailles ou Roissy, ainsi qu’à Paris et en Petite Couronne. D’autres marchés restent particulièrement dynamiques malgré certaines contraintes, à l’image de Bordeaux, où plus de 900 chambres étaient encore en projet l’an dernier et 650 le sont encore cette année», a complété l'associé Rydge Conseil.


 Une dynamique des transactions hôtelières


Le montant des transactions hôtelières dans le secteur témoigne également de cette dynamique. En 2025, ces transactions ont atteint 21,5 milliards d’euros en Europe. La France conserve sa troisième place derrière le Royaume-Uni et l’Espagne et enregistre un niveau historique de 3 milliards d’euros investis, soit 44 % de plus que la moyenne décennale. Le mouvement s’est poursuivi au premier semestre 2026, avec près de 1,3 milliard d’euros de transactions, en hausse de 40 % sur un an, confirmant l’intérêt des investisseurs, notamment pour le haut de gamme.


Au-delà des performances, l’étude met en lumière de nouveaux leviers de création de valeur. La marque hôtelière tend ainsi à devenir un actif économique à part entière lorsqu’elle s’appuie sur un modèle reproductible, un réseau de distribution, des outils de fidélisation et des revenus récurrents. Quatre dynamiques soutiennent le secteur, le développement de l’agritourisme, la revalorisation de sites existants face à la raréfaction du foncier sur les littoraux, l’intégration croissante du sport, du bien-être et de la santé dans l’expérience hôtelière, et l’importance grandissante de l’imaginaire et des récits de marque.


Rydge Conseil qui a racheté en 2026 le cabinet Gira Conseil, fondé par Bernard Boutboul, a analysé les tendances de marché dans le secteur de la restauration hôtelière. Le Food & Beverage s’impose lui aussi comme un véritable levier de valorisation : il représente désormais plus de 25 % du chiffre d’affaires des hôtels 3 à 5 étoiles et peut dépasser 50 % dans certains établissements. Au-delà d’un service complémentaire, la restauration contribue ainsi au positionnement de l’hôtel, à son attractivité et à sa capacité à attirer une clientèle extérieure.


N. F.


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