« Lausanne à la française »

« Lausanne à la française »
© Vladimir Atlani

« Passionné d’éducation » et « fou de pédagogie », Vladimir Atlani a toujours voulu créer une école. Constatant que 300 000 postes étaient vacants dans le secteur de l’hôtellerie-restauration en France et que ces métiers ne seraient pas remplacés par l’IA, il a décidé de créer une business school hôtelière. « En France, nous n’avons pas de “Lausanne à la française”, d’écoles hôtelières très haut de gamme qui forment les futurs managers de l'hôtellerie, de la restauration et de l'événementiel », présente-t-il. Ouvert en septembre 2025, l'Institut français de l’hôtellerie (IFH) termine sa première année scolaire et affiche son ambition : atteindre le top 5 du classement QS d’ici 5 ans.


Cette année, 100 élèves ont été formés. Répartis par classes de 30, ils seront 600 dès la prochaine rentrée le 28 septembre. « Côté pratique, les jeunes touchent un peu à tout, détaille le fondateur-directeur : faire une chambre, réception, conciergerie, service, cuisine et pâtisserie… On leur apprend aussi le management : droit, RH, IA, développement durable, comptabilité, communication, réseaux sociaux, PMS… et le savoir-être : grooming, culture générale, cours de théâtre et improvisation… » De plus en plus de jeunes souhaitent créer leur entreprise. L’IFH va donc lancer à la rentrée « un incubateur pour les accompagner, les aider à se financer, trouver des coachs » — une structure destinée aux d’étudiants de dernière année.


L’école propose plusieurs cursus : trois bachelors (un bachelor en hôtellerie en initial, un bachelor en événementiel en initial et un bachelor en apprentissage, les trois à 14 000 € et avec possibilité de rentrer en troisième année), un BBA international (à 20 000 € ou 18 000 € pour les Européens) et deux masters (un master en apprentissage et un master initial en double diplôme avec l'école de commerce GEM, pour 13 900 € par an ou 18 000 € la seconde année). L’IFH propose aussi un certificat en double diplôme avec GEM et une summer school d’une semaine en juillet (pour 3 000 €). Vladimir Atlani promet des professeurs « au juste milieu » entre enseignement et expérience professionnelle, afin de partager pédagogie, passion, anecdotes et carnet d’adresses. Avant de commencer l’année, les nouveaux étudiants du bachelor en formation initiale se prépareront pendant trois semaines d’intégration, dont une semaine dans un château puis deux en cuisine et pâtisserie. Le reste de l'année, les étudiants pourront loger dans la résidence de l’école, située sur la place de la République.


L’IFH mise sur sa dimension internationale. « Cette année, plus de 100 personnes ont fait passer des entretiens pour recruter 150 étudiants dans une quarantaine de pays, en Chine, en Inde, dans les pays du Golfe, en Amérique du Sud, au Canada, en Europe… », fait savoir Vladimir Atlani. En deuxième année, les étudiants doivent réaliser un stage à l'étranger, auprès de plus de 400 partenaires dans le monde (Michel Reybier Hospitality, groupe Barrière, les Airelles, LVMH…). L’Institut espère monter à 600 partenaires. En première année de master, les étudiants peuvent aussi profiter d’un échange académique dans 200 écoles partenaires dans 40 pays.


L’IA est placée au cœur de la formation. « C'est l’école hôtelière du XXIe siècle. Les jeunes doivent tous apprendre à maîtriser l'IA, appuie le directeur, spécialiste du domaine. Ça boostera leur efficacité et ça leur permettra de se concentrer sur la partie humaine du job qui est l'interaction avec le client, le service, la petite attention en plus qui fait la différence. » Lui-même est de plus en plus sollicité pour donner des cours en entreprise sur l’IA dans l'hospitality. Car l’IFH dispense aussi des formations professionnelles sur son campus du XVIe arrondissement de Paris et dans ses laboratoires à Rungis et sur l’île Saint-Louis à Paris (de 650 à 1450 € HT).


T.L.B.

>A LIRE AUSSI…
Les dernières actualités du secteur