Rassemblement syndical, défense de l’hôtellerie, fiscalité, thermalisme et préparation de la présidentielle de 2027 : Franck Chaumès, le nouveau président confédéral de l’Umih, et Valentin Prudon, vice-président, ont détaillé leurs priorités et leurs ambitions pour la profession, lors d’une conférence de presse, organisée le 21 octobre, à l’hôtel Balmoral à Paris. Sur l’hôtellerie, Valentin Prudon, lui-même hôtelier en Corrèze, salue les avancées obtenues face aux plateformes de réservation, notamment Booking.com, qui ne peuvent plus sanctionner les établissements proposant des tarifs inférieurs sur leur propre site. Il réclame également l’application effective de la loi Le Meur sur les meublés touristiques. « On ne peut pas multiplier les obligations imposées aux hôtels tout en laissant les locations touristiques échapper à ces mêmes règles », a-t-il souligné. Concernant la taxe de séjour, « Nous ne voulons pas de taxe proportionnelle aux prix des chambres ou de nouvelles taxes. »
Il défend la « souveraineté touristique » alors que la France reçoit 102 millions de visiteurs internationaux par an et annonce des démarches auprès des institutions européennes. « L’enjeu est de préserver la liberté des hôteliers dans la fixation de leurs prix, la définition de leurs offres et la gestion de leur relation client, sans laisser les plateformes leur imposer leurs règles. Un combat qui se joue également à l’échelle européenne. Pour faire entendre nos revendications, nous défendrons nos positions auprès de l’Hotrec, de la Commission européenne et des parlementaires européens. »
L’Umih a également alerté sur la disparition des cafés ruraux. « Ils étaient environ 200 000 en 1960, ils ne sont plus que 35 000 aujourd’hui », a mis en avant Valentin Prudon en précisant que le Sénat s’apprête à examiner une proposition de loi visant à faciliter la création de nouvelles licences IV dans les communes de moins de 3 500 habitants. « Un enjeu majeur pour préserver la vitalité, le dynamisme et la convivialité de nos territoires ruraux. » L’Umih dénonce également les conséquences de l’utilisation des titres-restaurant dans la grande distribution, estimant à plus d’un milliard d’euros le montant « des dépenses transférées ». Le syndicat poursuivra sa mobilisation après le rejet du double plafond par l’Assemblée nationale. Par ailleurs, il réclame un meilleur encadrement des fermetures administratives des établissements festifs, avec une limitation à 96 heures dans le cadre des fermetures d’urgence.
Faciliter la transmission des entreprises
Sur le terrain économique, le vice-président a demandé des allégements de cotisations sociales et des mesures facilitant la transmission des entreprises. « Nous proposons notamment de porter à 90 % contre 75 % aujourd’hui l’exonération du pacte Dutreil », a-t-il détaillé. « Nous souhaitons également allonger la durée d’amortissement sur les fonds de commerce, qui aujourd’hui, est de sept ans, et la passer à dix ans, pour aussi faciliter la transmission. » Autre nouveauté, la création annoncée d’une commission « thermalisme et santé », destinée à mieux représenter une activité essentielle à l’emploi et à l’économie territoriale. Le président a également présenté une feuille de route autour d’une conférence annuelle des présidents « pour faire remonter les idées des départements et des branches », et d’un sommet biennal de l’hospitalité à la française réunissant entrepreneurs, chercheurs, experts et responsables politiques. Intelligence artificielle, formation, emploi et transition environnementale alimenteront les réflexions. En vue de 2027, un livre blanc puis un manifeste seront soumis aux candidats à la présidentielle.
Autre nouveauté, la Semaine nationale de l’hospitalité, un grand rendez-vous populaire destiné à attirer les visiteurs et à valoriser les territoires. Franck Chaumès défend également l’affichage obligatoire du fait maison, un permis d’entreprendre et une régulation des ouvertures de restaurants. Son ambition : une Umih qui « pèse sur les décisions » et obtienne des actes plutôt que des déclarations.
Le GHR Paris-Île-de-France se rapproche de l’Umih
Parmi les annonces, l’arrivée du GHR Paris-Île-de-France, représenté par Pascal Mousset, comme syndicat associé à l’Umih dès le 1er janvier 2027. « Le rassemblement n’est pas une fin en soi. Il doit nous rendre plus forts et nous permettre d’obtenir davantage de résultats », souligne Pascal Mousset. Pour Franck Chaumès, les échanges avec Pascal Mousset ont révélé une convergence de valeurs autour de la transparence, du fait maison et de la défense des restaurateurs indépendants. Pascal Mousset évoque, de son côté, une décision « mûrement réfléchie », après plusieurs mois de désaccords internes au GHR. En cause, la réforme des statuts adoptée en juin, qui accorderait, selon lui, 50 % des droits de vote aux représentants des chaînes de restauration et des cafétérias, indépendamment de leur nombre d’adhérents. Une évolution qu’il juge incompatible avec la représentation des petites entreprises. « Notre action syndicale n’a plus de sens si on ne peut pas défendre les indépendants, les petites entreprises qui sont l’immense majorité de notre secteur. » Le conseil d’administration de son organisation s’est prononcé unanimement en faveur du départ, mais la décision reste soumise au vote des adhérents lors d’une assemblée générale extraordinaire prévue vendredi 23 octobre, avec une majorité requise des trois quarts des suffrages exprimés. En cas d’approbation, l’Union GHR Paris-Île-de-France rejoindra l’Umih comme syndicat associé, sans remettre en cause l’existence de l’Umih Paris. Ses élus pourront participer aux travaux des branches professionnelles. Pascal Mousset n’exclut pas un rapprochement ultérieur entre les structures parisiennes, tout en reconnaissant que les conditions ne sont pas encore réunies. Franck Chaumès fait du rassemblement la ligne directrice de sa mandature, estimant qu’une profession unie pèsera davantage auprès des pouvoirs publics. L’Umih, qui revendique actuellement 35 000 adhérents, espère atteindre 37 000 membres avec cette arrivée, voire davantage grâce à de nouveaux ralliements.
N. F.
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