Face aux dégradations subies par les commerces lors des violences urbaines, Franck Chaumès, nouvellement élu à la tête de l’Umih, appelle l'État à renforcer la sécurité et à accompagner les entreprises sinistrées. « Nos établissements ne sont pas des défouloirs. Nos professionnels ne peuvent pas, manifestation après manifestation, payer la facture des violences», a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse organisée le 21 octobre 2026.
Pour l’organisation, la priorité est désormais de protéger les professionnels, alors que les premiers bilans font état de près de 3 000 commerces vandalisés à travers le pays, tous secteurs confondus. Trois priorités émergent pour le président de l’Umih, aider les établissements touchés à rouvrir, renforcer la présence des forces de l'ordre et engager des campagnes de communication pour redonner confiance aux visiteurs des centres-villes.
La question des assurances cristallise également les inquiétudes. Franck Chaumès redoute que certains restaurateurs découvrent trop tard les limites de leurs garanties, notamment celles couvrant les émeutes et les pertes d'exploitation. Son organisation entend accompagner les adhérents dans leurs démarches et réclame un fonds de soutien pour les professionnels insuffisamment couverts. « De nombreux établissements ne disposent pas de garanties couvrant les dommages liés aux attentats et aux émeutes. Dans un contexte économique déjà difficile pour le secteur, beaucoup de professionnels ont renoncé à ces couvertures pour réduire leurs charges. Une décision d’autant plus compréhensible que personne n’avait anticipé des violences d’une telle ampleur », a-t-il détaillé. Autre préoccupation, l'exaspération de commerçants qui envisageraient de défendre eux-mêmes leurs établissements. Au-delà des destructions matérielles, c'est aussi le patrimoine des établissements historiques qui est menacé. Mobilier ancien, objets chinés et décors parfois centenaires constituent une richesse difficilement remplaçable, même avec une indemnisation.
À Paris, les répercussions se font déjà sentir dans l'hôtellerie. Pascal Mousset, président du GHR Paris IDF (qui prévoit de rejoindre l’Umih, sous réserve de validation par l’assemblée générale) évoque des annulations de séjours et un ralentissement des réservations. « Ce n'est pas immédiat, parce qu'il y a un effet retard », a-t-il précisé. Les voyageurs ayant déjà engagé leurs dépenses maintiennent souvent leur séjour, mais les conséquences pourraient surtout se manifester lors des réservations pour les fêtes de fin d'année.
N. F.
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