Quelles ambitions pour l’avenir du tourisme ?

Quelles ambitions pour l’avenir du tourisme ?

À l'occasion d'un partenariat stratégique entre l'Alliance France Tourisme et Régions de France visant à développer une stratégie structurante du tourisme, les acteurs de la filière se sont réunis pour évoquer ses perspectives de croissance doublées de véritables enjeux. Si la France maintient sa position de leader mondial en termes d’affluence touristique, Franck Louvrier, président de la Commission Déléguée Tourisme de Régions de France souligne l’émergence de nouvelles destinations concurrentes telles que l’Albanie. Bien que le pays atteigne les 100 millions de visiteurs internationaux, il ne se classe qu’au 4ème rang mondial en matière de recettes touristiques. Face à cet écart entre quantité et rentabilité, plusieurs acteurs de l’hôtellerie appellent à déployer une stratégie claire, avec des investissements structurants et durables.


L’investissement un facteur clé de l’avenir du tourisme en France


Franck Louvrier met en avant plusieurs atouts indiscutables de la France, parmi lesquels la sécurité, avec les J.O comme preuve à l’appui. « Toutes les destinations touristiques ne sont pas en mesure d’assurer cette sécurité » souligne-t-il. Autre enjeu de taille : la mobilité. « Nous avons la capacité d’acheminer les touristes à condition de continuer à investir » affirme-t-il, évoquant les aéroports, aérodromes, et réseaux routiers. L’objectif est double puisqu’il concerne aussi bien les étrangers que les Français. Mais avec « En 8 ans, 4 ministres se sont succédé. Pour garantir une stratégie stable, il faut un ministre avec un budget dédié» signale Franck Louvrier. L’existence d’une stratégie est essentielle selon lui, car au-delà des résultats chiffrés des 100 millions de voyageurs, c’est aussi la qualité de l’accueil qu’il faut renforcer. « Quels moyens mettons-nous pour pouvoir assumer cela ? », questionne-t-il. Le tourisme d’affaires est aussi un segment majeur, générateur de valeur ajoutée et moins saisonnier que le tourisme de loisirs. Les acteurs de la filière appellent d’ailleurs à investir pour ce type de clientèle. « Nous devons travailler avec les professionnels de l’événementiel, insiste Franck Louvrier. Le tourisme d’affaires est un tourisme plus durable que le tourisme de loisirs. » L’investissement doit également porter sur des structures permettant d’accueillir cette clientèle. Pour le directeur général de Pierre & Vacances et Center Parcs, Franck Gervais, l’avenir de la filière passe par des investisseurs engagés sur le long terme. « Sans eux, nous ne ferions rien. » Si certaines marques européennes rayonnent à l’international, le manque de capitaux durables reste un frein.


2 millions d'emplois sont directement concernés par la filière du tourisme impliquant un effort renforcé dans la formation et les données. « Il serait intéressant de savoir quels sont les désirs et besoins grâce à la data qui personnalise beaucoup mieux la connaissance et la reconnaissance des clients » ambitionne Pascal Savary, PDG d’Altream. L’avenir du tourisme repose aussi sur le recrutement. La filière offre aussi des opportunités d’ascension sociale, en plus d’être accessible, selon Fabrice Collet, président du groupe B&B Hôtels. Ce dernier milite également pour un recrutement inclusif. « Nous avons une école, et formons nos collaborateurs dans nos établissements. C’est un énorme vecteur de croissance du secteur. » La question de la gouvernance est elle aussi centrale : mieux partager la stratégie touristique entre l’État et les collectivités est indispensable. « Les régions ont un rôle essentiel à jouer », affirme Franck Louvrier. Pascal Savary appelle quant à lui à la création de fonds pour accompagner la transformation du secteur.


L’enjeu touristique à l’échelle régionale


Considéré comme levier essentiel de développement économique, social et des territoires, le tourisme est au coeur d'un partenariat noué entre l'Alliance France Tourisme et Régions de France afin de structurer une stratégie touristique efficace. Certaines régions aspirent à se développer, quand bien même elles seraient des destinations insoupçonnées de la France en matière de tourisme. Le Président des Hauts-de-France Xavier Bertrand a notamment évoqué « l’ambition d’asseoir et de conforter la transformation des Hauts-de-France avec le tourisme ». Il souhaite valoriser non seulement le littoral, mais aussi l’intérieur des terres, à travers notamment le développement du tourisme de mémoire. « À partir de cela on peut construire une offre touristique » estime-t-il. Reste à mobiliser les habitants de la région pour faire fonctionner le tourisme. Xavier Bertrand souhaite élargir la clientèle touristique aux classes moyennes. En plein contexte de la loi ZAN, « la question du développement touristique passe aussi par le foncier » ajoute-t-il. Ainsi, préserver le foncier permettrait d'assurer le développement touristique. « Le tourisme est un levier d’aménagement du territoire, d’emploi et de transition environnementale », considère Franck Gervais. L’enjeu est alors de revitaliser des zones déjà artificialisées et de mobiliser les acteurs locaux, écologiques comme économiques, pour un tourisme à impact positif. Le PDG du Groupe Belambra, Alexis Gardy corrobore cette analyse. « Il faut assumer pendant la période de construction que l’exploitation va avoir un impact. Mais il sera compensé car on peut recréer la biodiversité et recréer de l’emploi ». Les anciens sites industriels ou terrains militaires, comme en Auvergne, sont autant d’exemples de reconversion vertueuse et prometteuse.


L.J

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