Le Groupement national des indépendants (GNI) a été reçu le 5 mai dernier par le ministre des Affaires étrangères et du Tourisme, Laurent Fabius. Le GNI était représenté par Didier Chenet, président du Synhorcat, Philippe Lefevre, vice-président de la CPIH et Claude Daumas, président de la Fagiht. Les représentants du GNI ont appelé à un New Deal du Tourisme.Le ministre avait souhaité commencer ses entretiens par le GNI, marquant son intérêt pour les établissements patrimoniaux et indépendants. Au cours d’un échange de plus d’une heure, tous les grands thèmes de la profession ont été largement discutés.
Équité fiscale et réglementaire
Il y urgence à sécuriser les entreprises de notre secteur et à adopter des mesures indispensables à leur développement. Les membres du GNI ont ainsi plaidé pour l’adoption de mesures garantissant l’équité fiscale et réglementaire entre tous les acteurs évoquant ainsi la réforme de la taxe de séjour (une taxe qu’ils souhaitent applicable à tous les types d’hébergement dans toutes les communes) ou la nécessité d’une révision de la fiscalité des agences de réservation en ligne (les OTAs) plus contraignante, afin de favoriser la réservation en directe.
Ils ont également proposé des aménagements réglementaires afin d’autoriser le travail le dimanche et la nuit, pour répondre à la demande de la clientèle et créer des emplois, une révision des normes accessibilité qu’ils veulent plus pragmatiques.
Les thèmes discutés
De nombreux autres thèmes ont été abordés : la sécurisation du droit de terrasse par la mise en place d’une procédure contradictoire en cas de volonté du maire de le supprimer, l’encadrement des avis internautes, l’interdiction des clauses et pratiques illégales imposées par les OTAs (clause de parité de prix, brand jacking…). À ce titre, le GNI a demandé la création d’un observatoire des pratiques numériques pour mieux les identifier et les réprimer. Les représentants du GNI ont évoqué l’évolution des conditions d’emploi dans le secteur plaidant pour une défiscalisation des heures supplémentaires, l’ouverture du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi aux travailleurs non-salariés, ou encore la nécessité de suspendre l’application de la règle aux salariés à temps partiel des 24 heures de travail minimum par semaine dans le secteur.
Valoriser le tourisme
Enfin, les membres du GNI se sont adressés au ministre l’invitant à valoriser le tourisme et ses acteurs, y compris à l’international, en développant rapidement la mention « fait maison » ou encore en travaillant à l’adoption par la France de la classification hôtelière européenne HSU (Hotelstars Union).
« Un tourisme fort, c’est un tourisme qui se développe et crée des emplois, l’heure est au New Deal. Avec ces mesures nous pourrons sécuriser, développer nos activités », ont déclaré les trois présidents.
Claude Daumas a particulièrement insisté sur les problèmes que pose la disparition de l’hôtellerie indépendante. Le calendrier scolaire inadapté et les contraintes administratives intolérables sont les causes principales de la disparition des hôtels de séjour. Les saisons sont de plus en plus courtes et ne permettent pas la rentabilité de nos établissements.
Un ministre à l’écoute
Philippe Lefevre est revenu sur le problème de l’inadéquation entre la durée d’amortissement des investissements et ceux des prêts, et la difficulté d’accès à la BPI. Pour conclure, Didier Chenet a proposé deux rencontres interministérielles annuelles avec les acteurs du tourisme dont le GNI qui représente les entreprises patrimoniales indépendantes. À l’issue de l’entretien, le ministre s’est dit intéressé par ses propositions et a exprimé sa « ferme volonté de peser de tout son poids politique dans l’intérêt du tourisme ».
RYTHMES SCOLAIRES
Proposition pour favoriser le tourisme dans le respect de l’intérêt des enfants et de leurs familles
Le GNI soutient sans réserve les propositions de la Fagiht défendues par elle depuis plusieurs années sur le dossier des vacances scolaires.
- Positionnement des vacances d’hiver de 4 semaines sur 3 zones se situant en février et les vacances de Pâques en avril.
Le GNI recommande également que les périodes de vacances scolaires en France soient arrêtées à l’aune des congés de nos voisins et touristes européens : Anglais, Hollandais, Belges ou encore Allemands qui sont nombreux à fréquenter notre pays au regard des congés de nos touristes.
- Pour les vacances d’été, nous sommes favorables au zonage entre le 15 juin et le 15 septembre afin de conserver autant que possible les vacanciers français dans l’Hexagone avec une meilleure répartition de l’offre touristique à des prix attractifs. Nous serons ainsi en mesure de répondre à la concurrence des autres pays dits « destination soleil ».
Le GNI est demandeur d’un dialogue avec le gouvernement afin de faire valoir ces propositions pour le bienfait de la France, de son économie, de son emploi et des enfants.
