Les dernières constatations de notre président, de nos présidents de branches et de nos présidents de régions confirment un climat économique mitigé, entre résistance et inquiétude des professionnels.Jean-Pierre Chedal, président des Restaurateurs au Synhorcat : « Du trafic, mais un ticket moyen faible ! Pour synthétiser : la consommation se restreint et le commerce intermédiaire est le premier touché. Nous observons toutefois que le luxe commence à stagner. Les perspectives à moyen terme sont atones, le tourisme domestique et économique s’expriment mais sans euphorie. »
Marcel Benezet, président des Cafés, Bars, Brasseries au Synhorcat : « Couvre-feu après 22H ! Clientèle clairsemée au déjeuner, plus de réservations le soir. Voilà comment je résume la conjoncture. On sent bien que le pouvoir d’achat mais aussi de nouvelles habitudes de consommation doivent nous faire réagir. Soyons inventifs ! »
Geneviève Bahler, présidente des Hôtels au Synhorcat : « Nous constatons la même activité que l’an passé sauf les Brésiliens qui « s’entraînent au foot ». Paris reste un havre de prospérité. Mais je constate que même dans les établissements 4 étoiles comme le mien, les clients prennent leur petit déjeuner et leurs déjeuners ailleurs en allant acheter de quoi se nourrir au moindre coût dans les grandes surfaces. Le mode de vie est à l’économie, la tendance est à la consommation essentielle en évitant le superflu. »
Marie-Christine Contreras, présidente du Synhorcat PACA : « Inutile de se voiler la face, la météo maussade n’est qu’un accélérateur de tendance à une diminution du pouvoir d’achat. Bien sûr, notre belle région est privilégiée et accueille de nombreux touristes internationaux, en particulier des Suisses cette année, mais le petit commerce, les restaurants et hôtels moins haut de gamme souffrent. Les vacances s’adaptent aux difficultés économiques réelles ou anticipées des Français. Je suis convaincue que les professionnels doivent être inventifs afin de répondre aux nouvelles habitudes des Français ainsi qu’aux comportements culturels différents liés aux touristes internationaux. »
Dany Deleval, présidente du Synhorcat Nord-Pas-de-Calais : « Les vacances pascales se sont plutôt bien déroulées car nous avions la chance d’avoir la semaine où les Parisiens étaient en vacances et celle où les locaux l’étaient aussi. On observe toutefois des habitudes de vie différentes en termes de nutrition, de santé, de prix et c’est à nous de nous adapter. Notre région bénéficie d’activités culturelles qui se sont développées depuis plusieurs années et ont acquis une forte notoriété, ce qui fidélise les clients qui ne souhaitent plus « se faire bronzer à tout prix ». Nous avons la chance d’être une région frontalière avec la Belgique dont les habitants aiment voyager et traverser la frontière. Et puis le mois de juillet sera l’apothéose car nous accueillons le départ du Tour de France donc les équipes et les amateurs de ce sport populaire resteront pendant deux jours. »
Antoine Majou, président du Synhorcat Poitou-Charentes : « La première semaine a été fraîche dans tous les sens du terme, climatique et économique. Mais ne nous affligeons pas ! On reste dans la tendance moyenne et on sait que le porte-monnaie est plat. »Willy Bardin, président du Synhorcat Midi-Pyrénées-Aquitaine : « Comme d’habitude, les villes souffrent pendant les vacances car elles se vident au profit du littoral et sont désertées par les congrès. Les plages du bord de mer ont connu une désaffection notoire en particulier des touristes internationaux mais les longs week-ends de mai vont nous redonner le moral. »Marc Tellier, président du Synhorcat Nord-Normandie : « Nous bénéficions d’un long linéaire de plages, ce qui nous permet de conserver une activité moyenne et familiale qui reste cependant fragile. Pas d’euphorie et nous attendons avec impatience cette longue période de ponts et de grandes vacances ».Jean-Baptiste Pietri, président du Synhorcat Corsica : « Nous souffrons du manque de moyen de transports bon marché pour accéder à la Corse et de la concurrence du short-renting, en quasi-totalité non-déclaré, qui explose en capacité comme en fréquentation. Ceci vient se rajouter au contexte national de crise du pouvoir d’achat, qui détourne la clientèle vers des destinations low-cost ou accessibles pour moins cher (Espagne, Maroc, Sardaigne…) et impacte à la baisse les départs. Conséquences pour notre île en ce début de saison : une baisse des arrivées des Français de l’ordre de 10 %, compensée partiellement par une hausse des arrivées des étrangers. De plus, la clientèle du short-renting profite de ce mode d’hébergement pour réduire sensiblement ses dépenses en restauration sur place. »
Philippe Etourneau, président du Synhorcat Languedoc-Roussillon : « Le 1er trimestre a été catastrophique, le reste de l’année ne nous laisse pas optimistes. La restauration est en crise sauf pour quelques établissements haut de gamme. La multiplication d’ouvertures d’hôtels déséquilibre l’offre et le marché. Le nombre de location de meublés explose ce qui constitue une concurrence déloyale. »
Fabien Chalard, président du Synhorcat Rhône-Alpes-Bourgogne : « La tendance n’est pas favorable étant donné que pour notre région, les vacances pascales sont cumulées avec les ponts de mai donc les Lyonnais partent, phénomène accentué par le beau temps. Mais restons optimistes car les établissements qui s’adaptent, marchent bien et notre région est la capitale de la gastronomie très prisée par la clientèle internationale. »
Laurent Gardinier, président des établissements de prestige reconnaît que « la saison n’est pas mauvaise car la clientèle internationale compense celle de l’Hexagone, à Paris et dans les régions touristiques où sont situés les établissements de prestige, restaurants comme hôtels haut de gamme. »
Didier Chenet, président du Synhorcat : « Difficile mais soleil à l’horizon comme l’espèrent les professionnels qui gardent le moral et s’adaptent aux nouveaux modes de consommations.
Paris globalement résiste toujours bien mais il faut rester vigilant car en regardant de près certains secteurs reflètent des signes de repli.
Les régions réagissent à la morosité en organisant des activités culturelles et musicales complémentaires. Nous sommes là pour rappeler au gouvernement que nous sommes un secteur porteur d’emplois et d’embauches, et que le tourisme est un élément fondamental de la croissance. Tel est entre autres le message porté auprès de notre ministre de tutelle Laurent Fabius, qui a reçu le GNI le 22 avril dernier. »
Les professionnels gardent espoir
4 restaurateurs sur 10 et la moitié des traiteurs envisagent une hausse de leur chiffre d’affaires. Une part importante, près de 50% des hôteliers anticipent une sortie de crise. Ils prévoient même des embauches de saisonniers (contre un tiers l’année dernière à la même époque). Cela est évidemment variable selon les régions et les territoires. Il n’en reste pas moins que pour les prochaines vacances d’été, ce sont principalement les sorties au restaurant qui seront limitées tandis que le logement chez les amis ou la famille sera privilégié. La moitié des Français partiront en vacances et ceux qui voyagent en France ou à l’étranger prévoient une diminution du budget vacance liée à la baisse des revenus.
