Inflation, pouvoir d'achat, catastrophes climatiques, depuis le Covid, jamais le secteur de la restauration n'avait été confronté à autant d'aléas. Mais quelles données permettent réellement de mettre en lumière les difficultés du secteur ? Dans ce contexte, l'UMIH a lancé le
Premier Observatoire économique de la restauration afin de quantifier les données liées au marché. Cette initiative s'inscrit dans la volonté de présenter des données concrètes et de mieux comprendre les variations du marché. Avec l'aide de l
'Ordre des experts comptables, l'organisation enregistrera les données les plus révélatrices - basées sur les déclarations de TVA - de la restauration et dressera un bilan chaque trimestre. "
Il nous faut des chiffres sérieux à transmettre puisqu'on doutait de la véracité de ce qu'on pouvait voir, déclare
Thierry Marx, président de l'UMIH.
Il nous fallait cadrer les chiffres pour délivrer les bonnes informations aux entreprises sur les investissements à réaliser en fonction de leur chiffre d'affaires." En 2025, la marge brute de la restauration traditionnelle a reculé de 1% et de 0,8% en restauration rapide. Plus globalement,
55,1% des entreprises de restauration traditionnelle et
53,6% des entreprises de restauration rapide ont vu leurs résultats diminuer cette même année.
Un secteur essentiel pour la France
L'enjeu de mesurer ces données est donc crucial : "La moindre zone de turbulence économique met ces établissements dans le rouge, avertit Thierry Marx. Quand on fait 2% de marge nette, cela laisse peu de possibilités d'investissement notamment dans des solutions qui pourraient être consacrées à une meilleure maîtrise de l'énergie." Le président de l'UMIH rappelle l'importance du secteur du tourisme qui représente 7% du PIB français. Mais les prix étant plus attractifs dans les pays frontaliers, Thierry Marx observe une nouvelle tendance : les touristes étrangers privilégient davantage l'Espagne ou l'Italie pour aller au restaurant. De plus, le président de l'UMIH déplore une "dégastronomisation" en France. "C'est une vraie inquiétude. Il faut s’interroger sur les raisons pour lesquelles on perd en attractivité." Depuis les années 1970, une lente mais progressive industrialisation s'opère dans la filière, mettant à mal le savoir-faire artisanal. "Quand 25 établissements ferment chaque jour, d'autres ouvrent parallèlement. Mais ce ne sont pas les mêmes. Ils sont plus industriels et moins axés sur le fait maison." Dans un pays qui rayonne par sa gastronomie, le président de l'UMIH rappelle qu'il faut aussi être à l'écoute des attentes des citoyens et des touristes. "Il faut remettre toute cette idée en perspective par rapport à ces métiers qui sont liés au tourisme et qui participent au lien social. Quand un bistrot disparaît dans une petite commune, il n'y a plus de passage, et cela prive les habitants de véritables repères sociaux."
L.J