Le groupe La Mère Poulard, propriétaire de six hôtels au Mont-Saint-Michel (trois sur l’îlot et trois dans la baie), a lancé un vaste programme de rénovation de ses établissements. Il prévoit d’investir 30 millions d’euros d’ici 2032. Les prochains travaux auront lieu à l’hôtel La Confiance*** à l’hiver 2026-2027. Il s’agira de changer les menuiseries extérieures de cette bâtisse du XVe siècle et d’installer une VMC double flux afin de réaliser des économies d’énergie et viser une labellisation Clef Verte ou Écolabel européen. « Pour la plupart, nos bâtiments sont très énergivores, indique Frédéric Vincent, directeur général du groupe depuis août 2024. Nous avons plein de choses à changer, comme l’éclairage halogène par exemple. Nous le faisons petit à petit. » Les travaux suivent aussi les évolutions de conformité (incendie, réseaux électriques) et les aménagements intérieurs, la décoration et les équipements (notamment les lits).
Le Mont-Saint-Michel est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979. « Tous les bâtiments sont classés monuments historiques et ont tous une histoire », souligne Frédéric Vincent. Dans sa célèbre Auberge, ouverte en 1888, le groupe La Mère Poulard souhaite installer un ascenseur. Aucun édifice de l’îlot n’en est doté pour l’instant, ce qui rend difficile l’accès PMR. « Nous avons travaillé avec un architecte des bâtiments de France pour expliquer l'intérêt du projet et démontrer qu'on ne travestissait pas le caractère historique du bâtiment, détaille Frédéric Vincent. Nous allons intégrer l’ascenseur. L'escalier d’origine sera démonté puis remonté. » Le dirigeant déposera le permis de construire en 2027 et prévoit un an et demi pour recevoir toutes les autorisations. Le chantier devrait durer de 2029 à 2031 et nécessitera une grue, qui devra être démontée pendant la saison touristique. « Nous ne pouvons pas travailler en extérieur ni avoir des outils de chantier sur le Mont-Saint-Michel entre le 1er avril et le 31 octobre, renseigne Frédéric Vincent. C'est un travail d'organisation logistique très important. » Au total, les travaux dans l’Auberge et ses annexes coûteront 8 M€.
Selon les années, le groupe La Mère Poulard réalise un volume d’affaires compris entre 25 et 30 M€. En 2025, ses établissements (175 clefs) ont accueilli quelque 45 000 clients, dont 60 % de touristes étrangers. Les Japonais constituent la première nationalité pour les groupes et les États-Uniens sont les premiers en clientèle individuelle. Les Français viennent surtout en saison. L’Auberge La Mère Poulard*** (à l’entrée du Mont) et le Relais Saint-Michel**** (dans la baie) sont ouverts toute l’année. Frédéric Vincent espère gagner 4 à 5 points de taux d’occupation, qui est aujourd’hui de 75 à 80 %, et allonger la durée moyenne de séjour de 1,2 à 1,6 jour, la moyenne en Normandie. « C’est une étape de circuit », précise le directeur général. « Il faut développer toutes les offres du Mont-Saint-Michel pour en faire tout autant une destination qu'une étape de circuit. » Pour cela, le groupe compte développer son offre d’activités, notamment grâce à ses trois musées, des loisirs et des excursions à vélo. Tout en cherchant à atteindre 50 % de réservation en direct d'ici trois ans. En 2024, ce taux était de 16 %. Il est aujourd’hui de 24 %. « Nous travaillons les réseaux sociaux, le référencement de nos sites, que nous venons de rénover, l’architecture de notre marque, la notoriété de notre support, et l’avantage tarifaire, qui est de 15 à 20%. »
T.L.B.
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