Le secteur hôtelier français aborde 2026 dans une dynamique globalement positive, après une année 2025 marquée par une croissance soutenue mais contrastée selon les marchés. « 2025 aura été une bonne année. La croissance a été continue, le chiffre d’affaires a poursuivi sa progression sur la base d’un cycle plutôt haut », a indiqué Olivier Petit, directeur général et associé d’In Extenso Tourisme Culture & Hôtellerie lors de la conférence annuelle organisée par le cabinet au Cnit Forest de la Défense le 6 février dernier, sur le thème « Les tendances de l’hôtellerie en 2026 ».
Les performances 2025 sont restées inégales selon les territoires et les typologies de clientèle. Les destinations fortement positionnées sur le tourisme de loisirs, en particulier celles capables d’attirer une clientèle internationale, ont affiché des résultats solides, avec des taux d’occupation et des performances en nette progression. A l’inverse, les marchés davantage dépendants du tourisme d’affaires subissent encore les effets d’un contexte incertain : « Le climat économique reste morose et les entreprises sont assez vigilantes sur leurs dépenses, notamment les frais généraux et les événements», a ajouté Olivier Petit. Sur le plan économique, les perspectives demeurent mesurées. Avec un PIB en croissance limitée, estimée à 0,9 % en 2025 et attendue à un niveau comparable en 2026, le contexte macroéconomique ne favorise pas pleinement les investissements. Pourtant, l’hôtellerie continue de démontrer sa résilience. « Le marché de la transaction hôtelière se porte plutôt bien », avec près de 2 milliards d’euros d’actifs cédés au troisième trimestre 2025, confirmant que le secteur « réussit à se maintenir parmi les classes d’actifs immobiliers les plus solides ».
Une hausse du CA hébergement de +1% à +3% pour 2026
L’hôtellerie française a retrouvé en 2025 une forme de normalité après plusieurs années atypiques (Covid et JO de Paris en 2024), avec une hausse d’environ 2 % du chiffre d’affaires hébergement, portée par le taux d’occupation et le prix moyen, a confirmé Samuel Couteleau, directeur associé d’In Extenso TCH. Le secteur reste toutefois très contrasté. Le segment haut de gamme et luxe, qui ne représente que 10 % du parc, continue de tirer la croissance grâce aux rénovations et à la montée en gamme, notamment à Paris où les performances atteignent des niveaux record. A l’inverse, l’hôtellerie économique souffre du recul des déplacements professionnels et d’un parc vieillissant. La province affiche des résultats hétérogènes, tandis que le tourisme de loisirs, particulièrement sur les littoraux et dans les destinations bien-être, devient un moteur majeur.
Pour 2026, In Extenso TCH anticipe une croissance plus modérée. Paris devrait stabiliser son taux d’occupation avec un chiffre d’affaires hébergement en hausse de 2%, la progression passant surtout par les prix, tandis que l’Ile-de-France hors Paris devrait afficher une hausse de 1%. La PACA devrait tirer son épingle du jeu avec une hausse attendue de 3% de son CA hébergement en 2026 tandis que les autres régions seraient en légère progression à 1%. « Sur Paris, nous pensons que le taux d’occupation a désormais atteint un palier. Il y a sans doute une marge de progression possible sur le prix moyen, a détaillé Samuel Couteleau. Le PM devrait également être l’élément qui influencera l’activité sur la Côte d’Azur. Pour l’Ile de France hors Paris, il faudra un peu plus de temps pour absorber l’offre récente. Les hôtels de la petite et la grande couronnes ont la capacité à absorber cette tendance mais cela s’opérera lorsque l’économie sera un peu plus positive. Quant à la province, les tendances sont très disparates selon les territoires. Nous pensons que globalement, elle devrait quand même enregistrer une légère croissance grâce notamment à cette « hôtellerie plaisir » qui s’est développée au cours de ces dernières années. »
L’émergence d’une nouvelle forme d’intermédiation dans la distribution
Au-delà des enjeux économiques, l’industrie se prépare à une transformation technologique majeure portée par l’intelligence artificielle. « La prochaine révolution est en route, celle de l’IA. Elle nous impactera tous », a affirmé Olivier Petit, évoquant à la fois des gains de productivité et « l’émergence d’une nouvelle forme d’intermédiation dans la distribution hôtelière ». Si son impact reste encore limité aujourd’hui, les investissements massifs annoncés par les grands acteurs technologiques pourraient profondément modifier l’équilibre du secteur : « L’investissement nécessaire pour toucher directement le BtoC sera probablement au-delà des capacités des groupes hôteliers, ce qui entraînera une redistribution des cartes entre les acteurs. » Dans ce contexte, anticiper les mutations liées à l’IA apparaît déjà comme un enjeu stratégique majeur.
N. F.
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