Après une activité hôtelière assez soutenue lors des vacances de Noël, marquée par une augmentation de 5,3 % du revenu par chambre disponible sous l’effet conjugué d’une hausse de la fréquentation et du prix moyen, les niveaux de réservation pour les mois de janvier à mars 2026 apparaissent en léger recul, notamment entre les vacances scolaires (Lire "Une activité touristique française portée par les clientèles internationales en 2025"). Une tendance qui concerne principalement les territoires qui reçoivent une large part de clientèle française. En cause, un attentisme croissant alors

que le budget des ménages est contraint, qui s’accompagne d’une hausse des séjours courts et d’un recours accru aux réservations de dernière minute.
Dans ce contexte économique incertain, la maîtrise des charges, dont celles liées aux énergies, devient un levier stratégique pour les hôteliers. Longtemps cantonnée aux rapports RSE et aux bonnes intentions, la performance énergétique s’invite désormais au cœur du modèle économique des hôteliers. Le coût des énergies, combiné à un arsenal réglementaire de plus en plus exigeant – avec notamment les décrets Tertiaire et BACS –, rend indispensable l’engagement dans la transition énergétique. Une approche qui devient également indispensable pour accéder au financement. Les critères ESG s’imposent dans l’analyse des dossiers, au point de conditionner certains financements à des engagements concrets de rénovation.
Capteurs de présence du client en chambre, automatisation du chauffage et de la climatisation… les outils technologiques ne manquent pas, permettant aux hôteliers de générer des économies substantielles. Néanmoins, ces équipements exigent des investissements lourds, parfois difficiles à concilier avec des modèles de financement classiques. À cela s’ajoute un autre défi, préserver l’expérience client. Il est nécessaire de trouver « le bon équilibre entre durabilité et expérience client », met en avant Jérôme Bosc, associé et cofondateur d’Alboran, « car le client n’a pas envie qu’on lui explique qu’il faut descendre le thermostat à 18 degrés pour sauver la planète ». Retrouvez dans notre dossier des retours d’expérience d’hôteliers engagés et des conseils d’experts pour amorcer ou accélérer sa transition énergétique.
Cette adaptation n’est pas seulement une contrainte, elle constitue aussi une opportunité pour optimiser ses consommations énergétiques, et peut devenir un projet collectif, fédérateur pour les équipes et attractif pour les jeunes talents.
Francis LUZIN,
Directeur de la publication

