Une activité touristique française portée par les clientèles internationales en 2025

Une activité touristique française portée par les clientèles internationales en 2025
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« L’année 2025 confirme que le secteur reste un pilier de l’économie française, a indiqué en préambule Dominique Marcel, président de l’Alliance France Tourisme à l’occasion de la présentation de l’Observatoire de l’industrie du tourisme de l’année 2025 (1), le 7 janvier dernier à Paris. L’année a été correcte mais le bilan est contrasté. Le tourisme est porté par l’international avec les clientèles américaines et celles en provenance du Pacifique et de l’Asie. »


Dans l’hébergement marchand, le revenu par chambre disponible progresse de 1,3 % en 2025, avec d’importantes disparités selon les segments et les destinations. Cette performance repose avant tout sur une très légère hausse de la fréquentation, avec un TO moyen national en progression de 0,7 point, pour atteindre 66 % sur l’année. À l’inverse, le prix moyen est stable (+0,1 %), à 127 euros, traduisant un comportement de consommation plus prudent de la clientèle française et des arbitrages budgétaires, notamment sur les segments d’entrée de gamme. « Pour l’instant, l’activité est notamment soutenue par les flux internationaux et le haut de gamme. Les chiffres du trafic aérien illustrent cette dynamique. Sur onze mois, le nombre de passagers progresse de plus de 4 %, tiré principalement par l’international, en hausse de 5 % », a relevé Vanguélis Panayotis, président de MKG, en précisant que Paris, porte d’entrée des touristes internationaux, conserve son rôle de locomotive du tourisme français avec un TO des établissements de près de 81% en 2025. Certaines régions tirent particulièrement leur épingle du jeu comme la PACA, portée par la forte demande pour le littoral méditerranéen, les villes de Nice et Cannes, dynamisées par un riche calendrier événementiel et les retours des investissements de ces dernières années. L’hébergement marchand en Bretagne et Grand Est affiche également une croissance assez soutenue (CA supérieur à 2%).


 


Un pouvoir d’achat contraint des ménages


Si les Français représentent toujours environ 75 % des nuitées, notamment dans l’hébergement marchand et les plateformes comme Airbnb, leur pouvoir d’achat contraint entraîne des arbitrages comme des séjours plus courts, une baisse en gamme ou un report sur des périodes alternatives.


Environ 37 % des Français ne partent pas en vacances, a rappelé Michel Durrieu, conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine, délégué à la structuration et au développement touristique. Raisons financières, de santé ou d’accessibilité, les causes sont multiples. « La France apparaît par ailleurs comme une destination coûteuse pour ses habitants, a détaillé le conseiller régional. Ensuite, il y a des Français qui ne disposent pas de voitures. La situation est particulièrement marquée à Paris, où près de 60 % des habitants ne possèdent pas de véhicule. Faute d’alternatives abordables, ces voyageurs se tournent vers l’étranger, en particulier l’Espagne, qui bénéficie d’une capacité hôtelière beaucoup plus importante, de coûts maîtrisés et de billets d’avion compétitifs. »


Parmi les autres constats de l’année 2025, la poursuite de la montée en gamme de l’hôtellerie de plein air. Un secteur en croissance de 3% à 4% sur l’année, atteignant 4 milliards d’euros avec un développement des « ailes de saison » avec donc un prix moins élevé, a mis en avant Alexis Gardy, président de Belambra Clubs.


 


Des perspectives contrastées


Les perspectives pour la saison d’hiver, en particulier à la montagne, appellent à la retenue, a mis en avant l’Alliance France Tourisme. Si les périodes de vacances scolaires demeurent bien orientées, les semaines d’intersaison accusent un retard des réservations, révélant un attentisme croissant des clientèles.


Concernant le premier trimestre 2026, les projections demeurent contrastées. Après un bon démarrage lors des vacances de Noël, marqué par une hausse de la fréquentation de +1,8 point, une progression du prix moyen de +1,8 % et une augmentation de +5,3 % du revenu par chambre disponible, les niveaux de réservation pour les mois de janvier à mars apparaissent plus prudents, notamment hors vacances scolaires. « En considérant la dynamique sur 2026 et les vacances de février, nous sommes un peu en retard en termes de réservations notamment dans l’hôtellerie et les résidences », a ajouté Vanguélis Panayotis qui s’attend à une montée des réservations de dernière minute, une tendance amorcée il y a déjà plus années. En France, le panier moyen des voyageurs est en légère hausse de 1%, à près de 950 euros pour le premier trimestre 2026 par rapport à la même période en 2025. Le nombre de voyageurs en France baisse de près de 16%, témoignant d’un effet d’attentisme généralisé.


Paris fait toutefois figure d’exception, bénéficiant de l’effet d’entraînement des grands événements internationaux. Enfin, certaines destinations comme la Martinique, la Guadeloupe gagnent en attractivité pour le premier trimestre 2026 (avec par exemple +43% de réservations pour la Martinique).


N. F.