Les Français sont un peu moins partis en vacances en 2015, révèle le baromètre Opodo, réalisé par le cabinet Raffour Interactif (1). Ainsi, 60 % des Français sont partis dans l’année, contre 62 % un an plus tôt. Autre tendance marquante, désormais plus de trois quarts des Français préparent leur voyage en ligne et un sur deux effectue son achat entièrement via Internet.Les Français sont moins partis en vacances en 2015. Ainsi, 60 % des Français ont bouclé leurs valises cette année, après 62 % en 2014. Une tendance qui s’explique notamment par des revenus en berne. Une baisse qui concerne notamment les employés qui enregistrent un taux de départ en baisse de près de 2 % et les retraités de 3,5 % tandis que les CSP+ partent davantage (+0,7 %). « L’impact des événements du 13 novembre sur le taux de départ des Français a été contenu car l’année touristique était déjà très engagée et s’était déroulée de façon plutôt satisfaisante auparavant », a précisé le cabinet.
Néanmoins, les courts séjours marchands (1 à 3 nuits) progressent sensiblement. « 1,2 million de Français
supplémentaires ont réalisé un court séjour en 2015, soit près de 20 millions de Français. C’est un vrai record, dû au fait qu’il y a eu beaucoup de ponts de trois jours dans l’année », a détaillé Guy Raffour, président du cabinet. Les longs séjours marchands sont également en hausse de 2 % avec un million de séjours supplémentaires enregistrés dans l’année. Autre tendance, la multiplication des différents types de séjours pris par les Français (+ 4 %).Un panier moyen en baisse
Parmi les autres constats, le panier moyen en baisse. Une tendance qui s’explique par la montée des compagnies low cost et le choix des destinations. De 532 euros en 2014, le panier moyen passe ainsi à 516 euros en 2015 (soit 325 euros par passager en 2015, après 341 euros en 2014). « Le niveau d’exigence des Français a considérablement crû. Ils préfèrent partir moins longtemps mais sont attachés à la notion de nouveauté, de dépaysement. » Concernant le budget alloué pour le principal séjour marchand réalisé dans l’année, il atteint 1 747 euros en 2015, après 2 014 euros un an plus tôt, soit une baisse de 13 %. Par ailleurs, 11,3 millions de Français sont partis à l’étranger dans l’année ou dans les DOM-TOM, en 2015. L’Espagne, l’Italie et le Portugal constituent des destinations prisées pour les courts séjours.
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L’e-tourisme et le m-tourisme en plein essor
Sans surprise, l’e-tourisme poursuit son ascension. 77 % des Français ont ainsi préparé leurs séjours loisirs en ligne en 2015, en hausse de 6 % par rapport à 2014. Fonctionnalités interactives, visibilité immédiate des disponibilités, accès aux offres promotionnelles et aux contenus collaboratifs… concourent à ce développement. Désormais, 49 % réservent et paient intégralement leur séjour en ligne (+ 4 %). Les smartphones et les tablettes ont le vent en poupe. Appréciés pour accéder aux offres commerciales géolocalisées en temps réel, organiser ses activités une fois sur place…
39 % des Français les ont utilisés pour préparer et réserver leurs séjours, en hausse de 7 % par rapport à 2014.(1) Baromètre réalisé de janvier à février 2016 par Raffour Interactif auprès de 1 030 Français représentatifs de 15 ans et plus, en face à face.
Une année 2016 en demi-teinte selon PwC
PwC anticipait mi-mars 2016, la poursuite d’un climat favorable pour le secteur hôtelier en Europe à partir de l’analyse de 19 villes européennes étudiées. Les prévisions pour Paris sont moins optimistes sur le court terme. Le taux d’occupation annuel des hôtels parisiens ayant chuté de près de 5 % en 2015, PwC prévoit que la capitale
française devrait enregistrer une croissance de son revenu par chambre disponible (RevPAR) presque atone en 2016 (+ 0,4 %), avant de repartir à la hausse. Le cabinet pronostique une croissance de 2,7 % pour 2017.
Le nombre de touristes notamment internationaux a chuté et le taux d’occupation des hôtels à fin 2015 est en baisse de près de 5 % par rapport à fin 2014. La chute de la fréquentation liée aux attentats de 2015 et de l’état d’urgence décrété par le gouvernement, devrait être intégralement compensé à l’été 2016 avec l’accueil du Championnat d’Europe de football à Paris. « En 2016, le secteur de l’hôtellerie français devrait bénéficier de la reprise économique, le PIB de la France devant croître de 1,3 % en 2016 et de 1,6 % en 2017 mais aussi de la manne de 3 millions de touristes et spectateurs qui seront rassemblés pour le championnat UEFA Euro 2016, a détaillé Olivier Vialle, associé spécialiste de l’hôtellerie chez PwC. Cependant, avec l’état d’urgence toujours actif au premier semestre 2016 et les touristes internationaux qui continuent de bouder la capitale, nous prévoyons une croissance presque atone en 2016. Il faudra attendre 2017 pour pouvoir parler de relance et pour que les taux d’occupation comme le RevPar retrouvent leurs niveaux de 2014. » Pour Paris, le cabinet prévoit un RevPar en hausse de 0,4 % en 2016 avant un rebond en 2017 (+ 2,7 %).Le secteur devrait encore surperformer le reste de l’économie
La croissance du RevPar en 2016 devrait être très marquée pour Rome (+ 19,2 %) grâce aux 25 millions de visiteurs
et de pèlerins attendus à l’occasion de l’Année Sainte, Dublin (+ 9,1 %), Prague (+ 6,6 %), Madrid (+ 5,8 %), Lisbonne (+ 5,7 %). Dans un grand nombre de villes comme Dublin, Londres, Édimbourg, Amsterdam, le RevPar bénéficie du fait des taux d’occupation et du prix moyen élevés.
Plusieurs éléments vont impacter favorablement le marché du tourisme et de l’hôtellerie. « Au cours des deux prochaines années, le secteur devrait continuer à surperformer le reste de l’économie, profitant de la faiblesse de l’euro et de la chute des cours du pétrole. Si ce dernier phénomène ne s’est encore traduit que par une baisse modeste du prix des billets d’avion, il pourrait réserver de meilleures surprises aux touristes européens en 2016 », a précisé Geoffroy Schmitt, associé responsable du secteur de l’hôtellerie, PwC.

