Les chiffres de l’hôtellerie française en novembre 2009

Début 2009, certains observateurs n'excluaient pas qu'un rebond intervienne en cours d'année. La lecture des chiffres de novembre démontre que ces attentes ont été déçues. Depuis juin 2008, les hôtels 2 à 4 étoiles du panel Deloitte ont vu leurs taux d'occupation en baisse régulière. Ainsi, en novembre 2009, la baisse atteint respectivement 7 et 9,8 % dans l'hôtellerie 3 et 2 étoiles en comparaison du même mois de 2008. Il faut rappeler que novembre 2008 avait déjà été le mois d'une baisse assez spectaculaire des TO dans toutes catégories (-7 à -8 %). Il est donc permis de parler d'une nette aggravation de la dégradation des TO, surtout si l'on place la comparaison avec l'excellente année 2007.

Dans ce contexte, la baisse des RevPAR n'a rien de surprenant. Deloitte souligne leur dégradation dans l'hôtellerie milieu de gamme, avec une aggravation pour les 3 étoiles (-6,1 %). La hausse des prix ne parvient plus à compenser la baisse des taux d'occupation. De même, si le revenu moyen par chambre louée dans les 2 étoiles avait bien résisté jusqu'en milieu d'année, « sa croissance ne compense malheureusement pas la perte d'activité », remarque Deloitte.

Cependant, le cabinet insiste sur la situation contrastée selon les régions au mois de novembre, soulignant l'embellie pour l'hôtellerie parisienne qui connaît une hausse de fréquentation dans toutes les catégories, 3 étoiles exceptés. Le marché des 4 étoiles connaît notamment une progression de 2,5 à 12,5 % selon les catégories, par rapport à novembre 2008 (mois particulièrement sombre pour l'hôtellerie de luxe il est vrai). La tenue du salon Batimat est, selon Deloitte, un facteur explicatif de cette amélioration. Une cause très ponctuelle, donc, ce que tendrait à confirmer la chute des pôles 4 étoiles d'Ile-de-France en novembre tant en termes de TO que de RevPAR. Ce dernier indice est notamment en chute de 24 % à pour le pôle Roissy CDG. Exception faite des 4 étoiles, ce sont cependant plusieurs départements d'Ile-de-France où l'on observe des signes de redressement, à l'image de la progression des RevPAR des 2 étoiles. Avec une nuance cependant : cette hausse tient ici à la seule augmentation du prix moyen.

Plusieurs agglomération échappent quelque peu à la morosité ambiante, à l'image des 2 étoiles de Bordeaux, Montpellier et Strasbourg où le RevPAR est en hausse. Mais ailleurs, en général, dans cette catégorie, les TO sont en recul comme le RevPAR. La situation de la Côte d'Azur ne montre, elle, aucun signe d'embellie. Le haut de gamme voit son RevPAR en chute de 20 % et même 30 % pour les 4 étoiles charme et supérieur à Cannes.

En cumulé, les 2 à 4 étoiles ont vu leurs TO reculer en moyenne de plus de 7 % avec des RevPAR dont la baisse dépasse 16 % pour les 4 étoiles. Il faudra donc attendre pour assister à une reprise, d'autant que le second semestre n'a pas apporté de signes convaincants d'une stabilisation de la fréquentation.