
«J'avais envie de l'hôtellerie, de la restauration, de cette ambiance.» À 47 ans, Claude Busnel y met les deux pieds dans le plat. Comptable de formation, rodée au commerce comme associée dans des concessions automobiles, elle effectue ce virage en s'offrant pour 32 000 #euro; le fonds du plus ancien café havrais : le café de dockers fondé en 1854, quartier Saint-Nicolas. Rebaptisé Café des Grands bassins, s'il a gardé ses lustres d'antan, il vient de prendre un bon coup de jeune : 160 000 #euro; de travaux. «A part quelques extra dans ma jeunesse, rien ne me prédestinait à cette reprise si ce n'est ce coup de foudre pour le seul bâtiment à avoir échappé aux bombardements.» L'OPHLM du Havre, propriétaire des murs, fait lui aussi une belle affaire : «chauffage, plomberie, électricité, j'ai tout refait. Plus de moquette murale ancestrale mais des panneaux en chêne doré, idem au sol avec désormais un parquet patiné. Seul le bar, auquel j'ai fait rajouter une casquette dans le même style, est d'origine». La cuisine, créée ex nihilo, est à l'étroit dans un coin, en attendant une nouvelle tranche de travaux après la dernière acquisition d'un bâtiment attenant de 100m2 . La surface d'exploitation actuelle va quasiment doubler. «Je ne suis pas trop du métier, alors j'essaie d'abord de bien faire», avoue-t-elle, étonnée tous les jours de voir arriver dans ses murs une clientèle cosmopolite de cols blancs BCBG mêlée à des dockers à la recherche «de l'authentique». Comme cet os à moelle ou ce foie gras poêlé cohabitant sur une carte servie de 9h à 2h du matin «dans un quartier en pleine mutation qui accueillera d'ici trois ans 450 nouveaux logements». Avec un menu du jour (Tarte soufflée au fromage de Savoie, Caille rôtie mode paysanne ou Ballottine de turbo en robe fumée, fromage ou dessert) servi à 12,90 #euro;#euro;à l'ouverture «mais réévalué à 14,60 #euro; depuis peu à cause des frais de personnel et pour tenir mon objectif», c'est une centaine de couverts assurés sur les deux services quotidiens. Le ticket moyen avoisine les 30 #euro;. Ouvert du lundi au samedi, le café s'y déguste «sur des banquettes en velours rouge opéra, dans une ambiance chaleureuse.»
